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14 décembre 2012 5 14 /12 /décembre /2012 23:05

Je suis en route vers le lycée, repensant à vendredi soir. M’a-t-il vraiment embrassé ? Je n’en suis pas sûre. Depuis quelques temps je rêve de lui, ce qui me fait hésiter. Je passe la grille et aperçoit Emma. Elle est là, assise sur un banc, portable à la main. Je sens le mien vibrer, c’est elle. Je lui réponds et lui dis que je ne suis pas loin et que j’arrive et me dirige vers elle. Nous nous faisons la bise (oui nous sommes françaises, c’est une habitude) et je m’assois à côté d’elle :

«  Alors vendredi soir ? (Comme elle est devenue ma meilleure amie, je lui dis tout)

     Tu ne vas pas me croire. Me dit Emma comme si elle même n’y croyait pas.

   Dis moi, je ne serai pas blessante.

   Marco, m’a embrassée, mais je ne sais pas si c’était une preuve, ou un baiser dans le vent.

   Il t’a embrassé ? Mais en te prenant, en souriant, comment ?

   J’ai senti ses mains sur mes bras.

   C’est peut-être une preuve.

   Je ne sais pas, je lui ai envoyé des SMS mais il ne m’a pas répondu.

   Je ne peux pas t’aider là sur le coup. Il n’a peut-être plus de crédit.

   Yuna lui a parlé.

   Ah, ben la timidité ?

   Il n’est pas timide du tout tu le sais très bien.

   Il est gêné ?

   Pourquoi ? Il n’était pas obligé de m’embrasser.

   Ben je ne sais pas, les mecs sont compliqués. (Mon frère Léo qui me prend pour sa psy est lui-même compliqué)

   Ca tu peux le dire. Yuna est malade, elle ne viendra pas aujourd’hui, et Luna est externe aujourd’hui.

   On mange tous les quatre alors ?

   Ouaip. »

 

La sonnerie retentit. Elle se lève, je l’imite et nous allons en sport : nous faisons danse moderne. Les filles et les garçons sont mélangés contrairement à ce que j’aurais pensé, mais je suis assez contente. Les garçons vont enfin voir que la danse ce n’est pas une activité de filles. Une fois changées, nous allons dans la salle de danse, qui est une pièce assez grande avec des enceintes un peu partout, une radio et un grand meuble remplit de CD. Le sol est un peu mou, ce qui est bien lorsque l’on tombe. Je m’assois près d’elle et m’échauffe les chevilles. Nous n’avons pas reparlé des jumeaux depuis la sonnerie. Tiens, quand on parle du loup … Ils arrivent peu après nous, ce qui fait que nous sommes tous les quatre dans cette pièce lumineuse et silencieuse. Ils s’asseyent près de nous et ont l’air contents de nous voir apparemment, puisqu’ils nous sourient et nous parlent avec enthousiasme. Niku-sensei arrive et nous salue. Nous faisons de même. Elle se dirige vers le meuble et regarde rapidement les CD. Elle en prend un et se dirige vers le bureau à côté de la grande radio. Je n’ai pas le temps de voir la couverture. Ce professeur est très jeune, 25-27 ans, petite, fine, japonaise, elle se tient très droite, je me demande si elle ne pratique pas la danse japonaise. Les autres élèves arrivent peu après dans un brouhaha pas possible. Mais cette jeune femme qui peut être super sympa, crie si fort, que je pense que tout le lycée l’a entendue. Plus un bruit. Elle retrouve son sourire, nous dit bonjour et nous demande de nous lever pour l’échauffement. Elle appuie sur Play et les premières notes de « My friend » des Red Hot Chili Peppers démarrent. A la fin de l’échauffement, place à la chorée que nous avons commencé la semaine dernière sur Inna « Sun is up ». Comme il fait très chaud dans la salle, nous demandons rapidement une pause. Bouteille d’eau en main et serviette autour du cou, je me laisse tomber le long du mur, à côté des filles. Je suis fatiguée et ai des courbatures partout ; hier j’ai eu mon cours de Kendo et je me suis pris un grand coup de sabre dans le dos. De plus, comme j’ai du courir, je ne sens plus mes jambes. Apparemment, les garçons vont biens, et ne se souviennent pas de ce qu’il s’est passé vendredi soir après le festival. Je jette un œil dans leur direction, Antonio me regarde. Je détourne rapidement le regard vers la fenêtre.

 

A la fin de la pause, nous reprenons le cours. Debout, deux par deux, filles garçons, (oui je suis avec Antonio, problème ? OUI !!). Emma est avec Marco. Nous commençons la chorée qui est un tango. Les premières notes démarrent, nous les filles avons enfilé un jupon de tango. Antonio pose ses mains sur mes hanches, elles sont chaudes. Premiers pas, puis cambré. Il me plaque contre lui, à tel point que je sens les battements de son cœur. Ma tête sur ses épaules, je sens sa respiration dans mon cou, ce qui me fait légèrement frémir. Je regarde Emma dans les bras de Marco ; elle a l’air aussi mal à l’aise que moi.

 

A la fin de la musique, je le repousse légèrement et m’éloigne de lui en pressant le pas afin de pouvoir enfin respirer. Son parfum … Il sent si bon … Je le regarde, il me regarde je détourne le regard et vais rejoindre les filles. Emma a l’air déstabilisée, Marco ayant rejoint son frère, je la prends à part pour lui parler :

      Alors ?

   C’était bizarre.

   Comment ça ? Je lui demande.

   C’était gênant mais …

   Agréable ? Je complète.

   Exact. »

 

Je lui souris, puis nous rejoignons Luna. Une fois assise, je sens une tête tombée sur mon épaule. Paniquée, je regarde la personne ; il s’agit de Luna. (Bon, Mina, calme, tu fais comme d’habitude). Je l’allonge, puis essaye de la réveiller (à coup de claques). Une fois qu’elle ouvre les yeux, je lui donne un morceau de sucre, et l’assois contre le mur, une couverture que les épaules. Elle reprend peu à peu des couleurs, mais je demande l’autorisation de l’emmener à l’infirmerie, afin qu’elle dorme un peu.

 

Vers 12 :00, nous allons rendre visite à notre amie. Elle est assise dans le lit, en train d’écouter de la musique :

« - Comment tu te sens ?

             Mieux, merci.

         Tu nous as fait peur quand même.

         Désolé…

         Aller, rentre chez toi, nous, on va manger. »

 

Nous allons à notre endroit habituel, mais cette fois, je ne mange pas, j’ai mal au ventre. Assise entre Antonio et Emma, je ne suis pas à l’aise. Ma voisine de gauche est à côté de Marco et a également l’air gênée.  Les jumeaux ne parlent pas, dessinant. Luna va mieux, et envoie un SMS. Un silence lourd s’installe.

 

Je regarde les environs et… (Et merde, il ne manquait plus qu’elles …) le trio arrive vers nous. Installées sur leur banc habituel, elles parlent, se maquillent, envoient des SMS … Elle font vraiment pitié. Il fait assez chaud (je dirai 17°C). Je suis contre un mur, regardant la coure remplie de lycéens. Laurie, à la droite de Lilou, me regarde. Lucie parle à la brune. Je sais un peu lire sur les lèvres, mais pas besoins, à leurs têtes et au regard de la ténébreuse, elles parlent de moi. Laurie se lève, et se dirige vers nous, sous le regard surpris des deux autres qui ont arrêté de parler. Elle arrive en face de moi, cachant le soleil que j’avais dans le visage, et avec un petit sourire timide :

« - Mina, je peux te parler s’il te plait ?

            Euh, oui, si tu veux. Je réponds, limite stressée.

       Merci. »

 

Je me lève et la suis, passant devant ses deux amies qui me dévisagent. Elle m’emmène près de la grille de la coure :

« - De quoi voulais-tu me parler ? Je lui demande.

             De toi.

       De moi ?

       Oui. Tu sais, Lilou est très jalouse de toi.

     Jalouse, pourquoi ? (je remarque qu’elle n’a ni talons, ni chewing-gum, et un maquillage à peine visible, mais la joue encore légèrement rose.)

   Elle est amoureuse d’Antonio, mais il est beaucoup plus proche de toi.

   Amoureuse ? Proche, proche, on est bons amis rien de plus.

   Oui, depuis son arrivée. Peut-être que vous êtes amis, mais eux ils ne sont rien.

    C’est vrai qu’ils ne se parlent pas beaucoup. (Je regarde ses ballerines noires avec des roses dessinées dessus, très jolies)

   Pour ne pas dire pas du tout.

   Voilà. Je dis avec un petit sourire.

   Mais méfis toi d’elle. Que tu sois championne de boxe ou d’arts martiaux, elle s’en fou. Elle est forte pour les rumeurs. Une fille a tenté de se suicider par sa faute.

   Tu plaisantes là !

   J’ai l’air ?

   Mais c’est une garce !

   Je sais. Alors, un conseil, sors de la vie d’Antonio, ou tu vas avoir des problèmes, ce que je ne veux pas.

   Tu ne veux pas …

   Je veux être ton amie.

   Mon amie ? Mais …

   Oui, je sais, tu m’as donné une baffe. Dit-elle en souriant et se touchant la joue.

   Oui.

   Mais je t’aime bien, je t’admire même, et je veux que nous soyons amies.

   Moi aussi. Je réponds avec un grand sourire. Au fait, j’adore tes ballerines, je voulais te le dire.

   Ah, merci. Moi j’aime tout ce que tu portes, c’est simple. »

 

Nous rions un coup, puis retournons vers nos amis. J’ai l’impression que Laurie ne veut pas retourner avec Lilou, je lui propose de se joindre à nous, mais, en souriant, elle dit que c’est très gentil, mais qu’elle préfère rester avec les « L ». Elle me chuchote avant de partir : « Sors de la vie d’Antonio, ou elle va vraiment te faire du mal. » Elle tourne les talons. Je me rassois et ai le droit à un interrogatoire de police. Qu’est-ce qu’elle voulait, pourquoi à part, où on est allées … J’ai du répondre, donnant toujours plus de détails. Je pense à ce qu’elle m’a dit : « sors de la vie d’Antonio, ou elle va vraiment te faire du mal. » Et si c’était vrai ? Antonio, en face de moi, me regarde attentivement. Je détourne le regard (si ce n’est pas fuir). Le soir, habituellement, j’attends les jumeaux avec Emma, mais cette fois, nous partons directement. Les jumeaux sont 100m derrière nous.

«  - Mina, il faut que je te parle. Me dit Antonio, très sérieux.  

              Euh, ok. Je réponds, ayant peur.

         Qu’est-ce qu’il se passe ? Me demande-t-il une fois à l’écart, hors de leur vue.

         Rien.

         Mina…

        Quoi ?

        C’est Lilou.

         …

        Bingo. Elle a vraiment décidé de me pourrir la vie celle-là.

       Pourquoi tu ne sors pas avec ?

       Je n’aime pas les filles artificielles. Si elle te cause des problèmes, elle aura à faire à moi.

      Tu tapes les filles ? 

      Jamais. Mais qui a parlé de violence ?

      Désolé, question stupide.

      Mais non.

      …

     Mina …

     Hm ?

    C’est pour ça que tu m’évites ?

    Je ne veux pas qu’elle te cause des problèmes, surtout si c’est de ma faute.

    Mina …

    Oui ?

    Tu ne veux plus que l’on se parle ? Quand il m’a posé cette question, il a eu une tête de petit chiot trop mignon, j’ai envie de le prendre dans mes bras.

    Si, mais …

   Si elle s’en prend à toi, à cause de moi, je ne me le pardonnerai jamais.

   Que veux-tu que l’on fasse à part ne plus s’approcher à moins de 2km ?

    Je ne sais pas.

    Dans ce cas, c’est la seule chose à faire. En disant ça, les larmes montent et commencent à couler sur mes joues.

    Non, Mina ! Dit il en essuyant délicatement les larmes du revers de sa main.

    Désolé. Je recule d’un pas et lui tourne le dos.

    Mina … Ecoute …

    Quoi ? Je demande en le regardant d’un œil.

     Je … Il s’approche lentement.

     Tu ?

... Il me prend la main. Sa main est chaude.

    … (Je n’ose même plus parler.)

    Je ne veux pas que tu pleures.

    Je ne pleure pas. » J’enlève ma main, lui fais la bise et tourne les talons.

 

Je fais un au revoir général, pars en courant, sans me retourner. Une fois chez moi, seule, je me mets à pleurer dans mon jardin, sous mon cerisier. Antonio, je t’aime, je n’ai jamais aimé un garçon comme ça, tu es si doux, si beau, j’ai envie de te prendre dans mes bras et de ne plus te lâcher. Une fois calmée, je rentre, fais mes devoirs, puis dessine, écoutant de la musique, pour me changer les idées.

 

« - Mina ?

          Sofie ?

       Ah, tu es rentrée. Je peux ? Demande-t-elle à ma porte.

       Bien sûre.

       Merci. »

 

Elle s’assois sur mon lit (que je viens de faire, mais bon, je passe pour elle, nous sommes très proches), à son visage, je vois qu’elle est perdue.

 

« - Séance ?

             Oui.

       Très bien. (Je prends mon carnet). Je t’écoute. (Je dis en me tournant face à elle.)

    C’est officiel, je l’aime.

     Ah ! On progresse ! Alors, Joshua, du nouveau ?

     Il m’a parlé.

     Super ! De quoi ?

     Il m’a posé des questions sur moi.

     Ah, il veut te connaître. Bon point.

     Oui.

     Quand ?

     Quand on est rentrés ensemble.

     A l’instant ?

     Oui.

    Super !

    Tu crois ?

    J’en suis sûre.

    Je te fais confiance là dessus, merci.

    Pas de quoi sœurette.

    Mais, beaucoup de filles lui tournent autour, surtout cette pétasse de Lana.

   Lana, encore celle-là ?

   Oui, toujours la même.

   (Je vous explique, Lana est la pire ennemie de Sofie, elles sont ensembles depuis la maternelle, et sans le vouloir, se retrouvent toujours dans la même classe, mais Lana triche je le sais, elle n’a pas le niveau de ma sœur … ) Je ne savais pas qu’elle était là.

   C’est horrible, elle le guette de loin, H24 !!

    Mais tu t’en fou, regarde ! (Je me lève, la prends par les épaules et la tourne vers mon miroir) Cette ravissante jeune femme, elle vaut 1000 Lana, et même plus. (Je lui dis en souriant)

   C’est gentille ma Mina, heureusement que je t’ai pour me remonter le moral.

    Attends, qui c’est qui m’a appris à me maquiller, qui me donne des idées de tenue, de maquillage ou de coiffure, qui fait du shopping avec moi, qui me console et j’en passe encore.

   Mais tu fais la même chose avec moi.

   Normal.

   Tiens, tes 15€.

   Garde 5€, cadeau.

   En quel honneur ?

   Fidélité ma chérie !

   Ah ok ! Rit-elle.

   Oui ! (Je ris aussi)

   Au fait, ça  avance avec le brun ?

   Non, ça va s’arrêter je pense.

   Pourquoi, il est gai ?

    Mais non (Je ris), c’est juste qu’il y a une pétasse qui est dingue de lui, et une de des filles m’a dit qu’elle nous causerait des problèmes à tous les deux, ce que je ne veux pas.

   C’est qui cette pétasse ?

   Elle s’appelle Lilou.

   Lilou ?? Elle est brune, yeux verts, peau matte, talons aiguilles, sac chanel ?

   (Vache !!) Euh, oui.

   C’est la sœur de Lana !

   J’aurais du m’en douter tiens.

   Attends, tu parles de quel genre de problèmes ?

   Des rumeurs, il paraît qu’une élève a tenté de se suicider par sa faute.

   C’est vrai, c’est la voisine de Yumi la victime.

   Haruhi ?

   Oui, elle.

   Alors là, si je m’en doutais …

   Ne t’inquiète pas, j’étais aussi étonnée que toi.

    …

   Tu l’aimes.

   Oui.

   Sors avec lui, pour qu’elle la ferme.

   T’as raison, je vais le voir, je l’embrasse, et nous vivrons ainsi heureux pour toujours.

   Voilà.

   Tu te fous de moi là !

   Ben quoi ?

   HELLO ! Nous sommes toutes les deux supers timides, et les mecs que nous aimons aussi !

   Merde, j’avais oublié ce détail…

   … »

 

Elle se lève, et me prend dans ses bras. Ca faisait longtemps, et je dois avouer que ça m’avait manqué. Elle me fait un bisou sur la joue, retire une mèche de mon visage en souriant et sort de ma chambre. Sur mon lit, il y a un paquet bleu, de Sofie. Je le prends, dessus est accroché une carte : Ne  lâche rien ma sœur chérie, je serai toujours là pour toi, Je t’aime.

 

 

J’ai toujours envié l’écriture de ma sœur. J’ouvre le paquet, et sors un magnifique collier, en cordon, avec un cœur bleu en perle principal et avec gravé en argenté Mina. Des perles, représentant des notes de musique, un iPod, pinceau, crayons, carnet, palette de peinture, des mangas, personnages de manga, le Japon, la France, L’Italie et un cerisier ornent le cordon bleu et noir ; Je l’adore ! Je le mets, puis range la carte, et jette le paquet. C’est Sofie qui l’a confectionné, c’est sûre. Je sors, et traverse le couloir, arrivant devant une porte (japonaise bien sûre) fermée. Elle est dans sa chambre. Je toque, elle dit « Entrez », fais coulisser le panneau, rentre, et saute au cou de ma sœur. Après l’avoir remerciée, je lui tends un dessin, celui qui la représente, la copie du dessin que j’ai fait d’elle dans l’avion. Elle me remercie, me complimente, puis je sors dans le jardin. En ouvrant le portail, j’aperçois un garçon, et le reconnais : C’est Joshua. Il me sourit et me dit bonjour (à l’anglaise, la classe) :

« - Hello, Mina ?

           Euh, oui.

        Est-ce que ta sœur est là ? (petit accent anglais, trop classe)

       Oui.

       Je peux la voir ?

       Attends deux minutes je vais la chercher, tu veux rentrer ?

       Je ne veux pas déranger.

      Aller, viens ! (Je dis en le prenant par le bras {très musclé d’ailleurs} et l’entrainant à l’intérieur) Assieds toi je vais la chercher.

     Merci. »

 

Je cours dans le couloir (manquant de tomber, en chaussettes ça glisse) et entre en coup de vent dans la chambre de ma sœur :

« - D’habitude tu frappes…

             ALERTE BJ ! (Beau Joshua)

        Quoi ? T’es sérieuse ?? »

 

Pour réponse, je la prends par la main et me remets à courir une moitié de couloir. Je m’arrête d’un coup, lui lâche la main, nous reprenons notre souffle, je la recoiffe, et je la pousse vers le salon. Joshua est là, T-shirt, penta court en jean, converses. Debout, il regarde une photo de Sofie et moi. Il sourit à ma sœur (très beau sourire) et lui demande à parler dans le jardin. Elle le suit, me fait un signe que je comprends tout de suite. (Nous avons développé un langage toutes les deux pour les mecs). De ma chambre, je peux les surveiller, sans que Josh s’en aperçoive. Ils parlent, face à face, sourient, rient un peu. Puis, Josh lui fait la bise et s’en va. Sofie, se tourne vers moi et court. Elle entre dans ma chambre.

« - Alors ? Je lui demande.

             Il m’invite à un concert !

        Ah oui, lequel ?

        Celui de The Gazette ce week-end !!!!

        Non !!!!

        Si !!!!

        Je peux venir ?

        A une condition.

        Laquelle ?

       Tu demandes à Antonio de t’accompagner.

       Mais…

       PAS DE MAIS ! OU TU LUI DEMANDES, OU TU NE VIENS PAS !

       Ok, ok, je vais lui demander.

       Maintenant !

       Pfft…

       Mina !!!

       Ok…

       Merci. »

 

Je sors, traverse la rue, puis arrive rapidement devant chez lui. Le stress monte. Ses parents ne sont pas là apparemment. Je sonne, il m’ouvre. En me voyant, il ouvre grand les yeux, mais néanmoins, sourit.

« - Il faut que je te parle. Je lui dis en tremblant un peu.

         Bien sûre, entre.

         Je préfère dehors si ça ne te dérange pas.

        Pas de problèmes suis moi.

        Ok.

       Qu’y a-t-il ? (Me demande-t-il, une fois dans le jardin, très joli, avec un oranger.)

      J’ai réfléchis à ce qu’on s’est dit  tout à l’heure. (Nous nous asseyons sur la balancelle)

     Et qu’as-tu décidé ?

    Peu importe ce que va me faire Lilou, je n’ai pas envie de te perdre.

     C’est vrai ? Tu tiens tant à moi ?

    Ben, bien sûre (Je le regarde en souriant)

    Ca me touche beaucoup, surtout venant de toi.

    Ah bon ?

     Oui (il me prend la main.)

     Je suis contente. (je serre sa main)

    Moi aussi.

    Tu connais le groupe The Gazette ?

    Bien sûre, j’aime bien.

   Moi aussi, ils donnent un concert ce week-end, ça te dit ?

   Tu me demandes de t’accompagner ?

   Ben oui.

   Avec grand plaisir.

   C’est vrai ?

   Mais oui !

   Super ! Bon, il faut que je te laisse, je dois rentrer, on se voit demain ?

   Si tu veux, on se parle au lycée ?

   Moi j’ai envie, tu fais ce que tu veux. (Je lui lâche la main, me lève et me tourne face à lui)

   Je le veux aussi.

   Ok, salut alors ! (je lui fais la bise et m’éloigne)

   Attends ! (Il se lève et me prend le bras)

   Quoi ?

   Je…

   Oui ?

    … (il ne bouge pas, le rose aux joues)

   Tu ?

   Non rien… (il me lâche le bras, déçu)

   Ok. » (Je tourne les talons et traverse la rue.)

Une fois à la maison, je n’échappe pas à ma sœur qui me saute dessus en me demandant s’il vient ou pas. Je lui réponds qu’il sera là, puis retourne dans ma chambre. Qu’est-ce qu’il voulait me dire ? Je me le demande. J’allume la radio et mets Jpop.ru, le NRJ japonais ; ils passent KAT-TUN, « Make or Break ». Je me laisse tomber sur mon lit et regarde le plafond. La chanson terminée, je sors me promener, mon iPod sur les oreilles. Un peu plus loin, se trouve un parc, où je vais assez souvent. Je m’assois sur l’herbe, toujours écoutant de la musique et sors mon carnet. Je dessine Joshua, que je fais en deux fois, un pour moi et un pour Sofie. Je le réussis assez bien, et, je fais une petite dédicace au dos de celui destiné à ma sœur : Pour ma sœur Sofie chérie, je t’aime <3, avant de le signer et de le ranger. Je regarde mon portable : 19 :00, il faut que je rentre. 

 

Une fois à la maison, je glisse le dessin sous la porte de Sofie et me dirige vers la cuisine pour faire à manger ; ce soir, soirée verrines, de l’entrée au dessert. Une fois le tout terminé, je les mets au frais. Léo arrive, me fait un bisou (rare !) et mets la table sans que je lui demande…BIZARRE !!

« - Léo, qu’est-ce qu’il t’arrive ?

            J’ai décidé de devenir gentil avec toi.

        En quel honneur ?

        Gênant.

        Ben, dis.

        Je…

        Tu ? (Ca me rappelle quelqu’un ça)

        J’ai vu que tu étais une fille géniale et que…

       Que ?

       Bon…

       ?

       Je t’aime…

       !!!

       Oui, je sais, venant de moi c’est rare.

       Très ! (Un "je t'aime de Léo… Il y a que maman qui y a le droit normalement!)

    Ben, qu’est-ce que tu veux, ce n’est pas de ma faute si je te trouve géniale.

    Ca me fait plaisir ce que tu me dis merci, moi aussi je t’aime frérot (je lui fais un bisou)

    Mina ?

    Oui ?

    Je peux te demander un conseil ?

   Bien sûre ! (alors là ! C’est vraiment bizarre ! Ce serait la première fois!)

    Je suis amoureux d’une fille mais…

   …Tu es trop timide, comme Sofie et moi.

   Exact.

   Bon, je la connais ?

   Non.

   Japonaise ?

   Oui.

   Physique ?

   Peau claire, châtain, yeux bruns, ma taille, assez fine.

   Ok. Hobbies ?

   Danse japonaise, foot, équitation.

   Prénom ?

   Nomi.

   OK, elle habite loin ?

   Oui.

   OK.

   15€ ?

   10.

   En quel honneur ?

   Ben… Première séance…

   Ok, tiens, 10€, et 2€ de pourboire.

   Wa, merci !

   Pas de quoi.

   MINA !

   Oui maman, dans la cuisine !

   J’ai besoin de tes mains !

   Où as-tu mal ?

   Aux cervicales.

   Sofie, rapplique !!

   Maman ?

   Yes !

   J’arrive !

   Assieds toi maman.

   Merci les filles, je n’en peux plus.

   Aller, un peu d’huiles essentielles et on mange. »

 

Après l’avoir massée, et mangé, je retourne dans ma chambre, mais là, par la fenêtre, se trouve un des garçons qui nous ont agressées, les « L » et moi, avant qu’Antonio me défende. Il demande à rentrer, mais je ferme les rideaux, de peur. Je sors par la porte, et vais le voir. Il est seul cette fois et beaucoup moins impressionnant. Je passe le grand portail, il me suit. Je me mets face à lui, il fait sombre et je ne le vois pas beaucoup. Il dit qu’il veut me demander pardon pour ce qu’il a fait et me dit d’autres choses, que je n’écoute pas, intriguée par une ombre masculine un peu plus loin. En sentant son bras sur le mien, j’ai le reflexe de lui faire une prise de judo. A terre, il siffle, et une bande entière se jette sur moi, dont cette fameuse ombre, qui était là, attendant le signal. A terre, ils me caressent les cheveux, les bras, et même une lame de couteau me couper le bras, ils sont une dizaine. Je tente d’hurler, mais celui qui m’a parlé peu avant, plaque sa main sur mes lèvres. Des larmes coulent sur mes joues, quand j’entends quelqu’un courir. Je ne voie qu’une ombre masculine, qui éjecte mes agresseurs un par un, celui qui a plaqué sa main sur ma bouche en dernier. Je ferme les yeux à ce moment, toujours en pleurant. Je sens une de ses mains sous ma nuque, m’aidant à me redresser, l’autre sur mon bras droit. Il me mets contre un petit muret et mets son gilet sur mes épaules. Puis, il essuie mes larmes. J’ouvre les yeux, et je le vois, la lèvre en sang, le visage inquiet, ses mains sur mes épaules.

« - Antonio ?

           Mina, tu vas bien ?

      Je te le dirai quand j’aurai repris mes esprits.

      J’ai eu une de ces peurs !

     Comment as-tu su que je me trouvais dehors ?

    Je devais aller voir une voisine âgée en fauteuil roulant pour voir comment elle allait (il me montre la maison en face de la mienne) et quand j’ai vu ces mecs, j’ai eu peur que ce soit toi, alors j’ai foncé.

    Merci (j’essuie le sang coulant de sa lèvre avec un mouchoir)

    C’est normal, mais si je revois ces mecs roder autour de toi, je leur casse la gueule !

    Je pense qu’ils ont compris cette fois, vue leur état. (Je souris)

    Tu n’es pas blessée au moins ?  

    Euh… (Je me cache le bras)

    Ton bras ! Montre (Il me prend le bras et regarde)

    Juste une coupure, rien de grave. (J’essuie le sang coulant de la coupure avec un mouchoir)

    Mina…

    Quoi ? »

 

 Il ne dit rien et caresse la blessure, l’air désolé. Ca me fait du bien. Je continue de lui soigner la lèvre et je remarque qu’il est en brettelles, alors qu’il doit faire 5°C. Il grelotte un peu, ce qui me donne envie de me blottir contre lui. Ma famille est de sortie ce soir, alors j’en profite pour me lever et lui propose de rentrer. Il se lève, hésite, mais j’insiste et il finit par accepter. Peu après je le raccompagne au portail :

« - Bon ben, merci (il me dit gêné)

        Attends, c’est moi qui te remercie, je te rappelle que tu m’as défendue.

     C’est normal. Au fait, demain, on se parle normalement ?

     Bien sûre.

    Cool, ça me fait plaisir. Bon, à demain alors !

     A demain. »

 

Il remet son gilet, se rapproche de moi et me fait un bisou sur la joue avant de s’éloigner dans la nuit. Un peu chamboulée par ce qu’il vient de faire, je reste 5 secondes immobile avant de sourire, de fermer le portail et de rentrer. Je ne sais pas ce qu’il se passe, mais ça risque de ne pas s’arranger tout de suite…

 

Fin chapitre 07. 

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Published by Aisu Yumi - dans histoire
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Je me nomme Aisu Yumi et depuis quelques temps je m'intéresse beaucoup à l'Asie, surtout Chine Japon et Corée du Sud. La musique aussi bien moderne que traditionnelle, les paysages, coutumes et arts me fascinent.
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