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13 mai 2012 7 13 /05 /mai /2012 21:25

 

Je croise le regard de Laurie et la regarde méchamment. Rouge, elle baisse la tête et se tortille nerveusement une mèche de cheveux. Je sens la respiration du brun dans ma nuque et rougis. Puis Emma commence à rire, suivie de Luna et Yuna, toujours en regardant la bande. Je commence moi aussi à rire quand je comprends la raison de leur joie : la joue de Laurie est encore rose, et ses amies ne lui parlent pas. Elle est complètement à part. Marco et Antonio se pincent les lèvres pour ne pas rire aux éclats.

 

Il est 16 : 00. Tout le monde se  presse dans les couloirs, et se bousculent. Cahiers en main, je tente de les éviter mais me prends beaucoup de coups d’épaules. Soudain, en marchant, je rentre dans ma rivale, Laurie. Nous tombons, cahiers et feuilles éparpillés parterre. Je la regarde, mais ne dis rien. De plus près, la marque est plus voyante. Je me rends compte de ma brutalité et ai envie de m’excuser. Mais même si je ne la connais pas depuis longtemps, j’ai l’impression qu’elle va me remballer, ce qui va m’énerver encore plus. Je commence à ramasser mes affaires, sans rien dire. Il n’y a plus beaucoup de monde, et le corridor est de plus en plus calme. Nos regards se croisent, elle rougis et regarde à terre. Ok, là il faut vraiment que je m’excuse :

« Pardon.

-       Quoi ?

-       Pour la claque. J’ai eu tort.

-       Non, on t’a cherché aussi.

-       (pas de méchanceté ? Etonnant.) Mais quand même, ce n’était pas sympa de ma part.

-       J’accepte tes excuses. On oublie.

-       Merci.

-       Pas de quoi. Par contre, tu n’as rien pour cacher la marque ?

-       Si attends. C’est la moindre des choses. Je sors une poudre, puis lui en mets sur le visage. Rapidement, la marque s’estompe.

-       Voilà, regarde. Je lui tends un miroir de poche.

-       Waouh ! Ca marche super bien ton truc !

-       Tiens, garde la, j’y tiens.

-       Ben merci. Tu n’es pas obligée.

-       Si. »

 

Elle le prend et me sourit. Au moins, elle a l’air de ne plus trop m’en vouloir. Une fois nos affaires rangées, nous nous dirigeons vers la sortie. Un silence pesant s’installe mais je ne parle pas :

«  Tu es de quelle région de France ? Demande-t-elle enfin.

-       Lorraine, pourquoi ?

-       J’ai vécu deux ans en France.

-       Ah d’accord. Quel département ?

-       Loraine aussi.

-       De quelle région ?

-       Moselle.

-       Pareil. Je suis de Thionville.

-       Ah, moi de Metz.

-       Très belle ville.

-       Ca te manque ?

-       Un peu, mais je suis née au Japon, alors je suis bien ici.

-       Ah oui ? Tokyo ?

-       Hai. Et toi ?

-       Pareil. »

 

A la sortie, je vois les deux autres « L » qui attendent Laurie, près de l’arrêt de bus. La tête de Lilou fait peur. Mais voir son amie avec moi, ça doit lui faire un choc. Elles parlent aux deux beaux italiens. Enfin, elles font plus un monologue, ils ne les écoutent pas. Nous les rejoignons, Laurie toujours à côté de moi, elle a l’air d’assumer :

« Laurie ?? Qu’est-ce que tu fous avec cette pimbêche ? Demande Lilou en me fusillant du regard.

-       La pimbêche elle t’emmerde ok ?

-       

-       Laisse la tranquille Lilou ! Crie Laurie.

-       Mais qu’est-ce qu’il te prend ? Tu veux devenir comme Luna ? Demande La brune.

-       Mais je suis normale ! Et Luna aussi ! C’est toi qui as changé ! »

 

Elles sont interrompues par une bande de garçons de notre âge, mais ils sont assez impressionnants : vestes en cuir, têtes de morts, musique hard rock, cigarettes en main… ils sont 8, tous baraqués. Ils s’approchent dangereusement de nous quatre, les jumeaux étant partis chercher quelque chose. Certains touchent les trois, paralysées de peur, et les deux autres s’approchent de moi. Je déteste ça ! Un coup de pied dans les tibias, cris et les deux garçons commencent à nous attraper avec force. Ils font très mal, et je ne peux même pas me défendre ; ils sont trop nombreux. Ils essayent de nous couper les cheveux, nous caresser. Je crie, mais l’un d’entre eux me met la main sur la bouche. Ils nous entrainent dans un coin sombre. Je vois une ombre s’approcher en courant et la reconnais tout de suite. Des coups de poings violents assomment la bande. Je tombe à genoux en pleures. Les trois autres sont raccompagnées par Marco. Antonio s’agenouille en face de moi et me tend un mouchoir. Je le prends et m’adosse contre le mur en fermant les yeux. Je sens sa main sur la mienne, mais ce n’est pas désagréable comme les autres, c’est doux et rassurant. J’ouvre les yeux et lui souris :

«  Tu vas bien ?

-       Un peu secouée mais ça va.

-       Désolé de ne pas être venu plus tôt.

-       Mais tu n’as pas à être désolé. »

 

Il m’aide à me relever et me raccompagne chez moi. Comme je suis seule ce soir, je lui propose de rentrer, il accepte. Nous goutons, faisons nos devoirs, et discutons :

« Tu veux que je reste discret ?

-       Je ne veux pas le cacher aux filles. Mais reste discret par rapport aux autres.

-       Tu as ma parole. »

J’aime bien cuisiner et j’ai plusieurs livres dans différentes langues, dont un en italien :

«  Tu comprends l’italien ?

-       Je me débrouille on va dire.

-       Come stai ?

-       Bene, grazie.

-       Come ti chiami?

-       Mi chiamo Mina.

-       Quanti anni hai?

-       Ho quattordici anni.

-       Di dove sei ?

-       Sono Francia.

-       Brava !

-       Grazie !

-       Je peux regarder ton livre ?

-       (il commence à me faire peur. Le livre est caché. Seule moi connais sa place) Oui. »

 

Je vais le chercher, puis lui tends. Il le feuillette en silence, pendant que je m’assois :

« Tu as un très bon accent. Dit il ne levant pas la tête du livre.

-       Merci.

-       De rien. »

 

Un silence se crée, mais il n’est pas pesant. Il regarde le livre, je sors mon carnet, puis continue mon gribouillage. Je me rends compte je suis le dessine en train de lire en souriant. Tan pis, j’ai commencé, je termine. Nous restons comme cela un petit moment, de temps en temps je le regarde, puis continue. Mais à un moment, quand je le regarde, il me regarde aussi. Rouge de honte je fixe mon carnet toujours en gribouillant, essayant de ne plus le regarder :

« Tu me le montreras après. Dit il regardant une recette.

-       De quoi ? Je demande en fixant mon carnet.

-       Ton dessin.

-       On verra.

-       Ce n’est pas parce que tu me dessines que je n’ai pas le droit de voir.

-       (Bon là c’était facile à deviner, il m’a surprise le regardant comme modèle) Ce n’est pas ça.

-       Alors ? Où est le problème ?

-       Je n’aime pas montrer mes dessins. Il faut vraiment insister.

-       Je l’avais remarqué. On a dû se battre pour les voir.

-       Je suis comme ça, ce n’est pas ma faute.

-       Je n’ai pas dit que c’était une mauvaise chose. »

 

En l’entendant dire ça, je lève les yeux. Il me regarde en souriant avant de fermer le livre, de le poser sur la table devant moi et de sortir son carnet. Il se met à gribouiller en faisant de grands gestes, me regardant de temps en temps. J’essaye de regarder ce qu’il fait mais il ferme son carnet et avec son sourire craquant dit :

«  Si tu me le montres tu pourras voir le mien.

-       Tu es sadique !

-       Non, malin. »

 

Je commence à rire, il m’imite. Son rire me fait vibrer. Mais j’ai vraiment envie de voir son dessin. Je regarde mon gribouillage, le regarde lui, puis pose mon carnet sur la table et le glisse jusque devant lui. Il le prend et l’examine. Je suis plus stressée que pendant un contrôle, le regardant. Une boule se forme dans mon estomac mais je vois qu’il sourit de plus en plus. Puis il me regarde :

«  Il est magnifique !

-       Grazie ! J’ai eu un gros stress.

-       Je sais.

-       Comment ça ?

-       Tu as eu une grosse boule à l’estomac.

-       (Là c’est trop !) Euh… Oui c’est vrai.

-       Je le savais.

-       Maintenant c’est à toi.

-       De quoi ?

-       Montre ton dessin.

-       Non.

-       Quoi ?

-       Je plaisante ! Tiens. »

 

Il me tend son carnet ouvert, je le prends et regarde son œuvre. C’est moi, en train de dessiner. Je me trouve différente sur ce dessin ; je me trouve plus jolie :

« Alors ?

-       Waouh ! Je me reconnais à peine.

-       C’est toi pourtant, telle que je te vois. Et si tu regardes bien, ton dessin est différent de moi.

-       C’est vrai quand on compare. Mais c’est comme je te vois. »

 

Je signe mon dessin, comme à mon habitude, puis range mon carnet avant d’aller en cuisine. 19 : 00 ; je vais commencer à préparer le dîner. Ma famille ne rentre que demain. Je vais l’inviter à diner :

« Tu veux manger ici ?

-       Je ne veux pas déranger.

-       Je suis seule ce soir, alors au contraire, ça me ferait plaisir.

-       Bon ben d’accord alors !

-       Super ! »

 

Je commence à courir un peu partout dans la cuisine, sortant ingrédients, ustensiles, et tout ce qu’il faut :

«  Et ton livre de cuisine ?

-       Pas besoins de lui pour cette recette, je la connais par cœur !

-       Très bien, que veux-tu préparer ?

-       Bouchées de gnocchis et sauce au fromage.

-       Mon plat préféré !

-       Le mien aussi.

-       Je peux faire le dessert si tu veux.

-       Tu voudrais faire quoi ?

-       Un liégeois fruité.

-       Parfait ! Je te laisse faire.

-       Super ! »

Nous commençons à cuisiner, parlant, riant… Je suis aux anges. Nous mangeons, puis continuons à discuter. Vers 21 : 00, je le raccompagne à la porte du jardin. Il fait nuit, le ciel est dégagé et nous pouvons voir quelques constellations. Il me dit au revoir, me fait la bise, puis s’en vas. Je rentre, range un peu, puis vais me coucher avec mon carnet et ma musique.

Maintenant je suis sûre, je suis amoureuse de lui.

 

 

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Published by Aisu Yumi - dans histoire
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