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25 mars 2012 7 25 /03 /mars /2012 13:16

« Voici Aisu Mina, elle vient de France. Je vous demande de l’accueillir ! »

 

Me voilà devant une classe de 30 élèves qui me regardent comme une bête de cirque. Ils me saluent, puis Taki-sensei me demande de prendre place. Oui, au Japon les professeurs se nomment sensei. Je m’assois à côté d’une fille au fond de la classe. Elle est blonde aux yeux bleus, très mignonne, ressemblant à une poupée. Elle me sourit amicalement. Ce qui est bien, c’est qu’ils ont le même programme qu’en France. Au moins je ne suis pas perdue. Enfin presque. Je n’ai plus l’habitude d’écrire en japonais, et je m’emmêle les pinceaux. Mais tout va bien, après cette heure de maths, nous avons dessin. Mais je n’aime pas tellement dessiner devant tout le monde.

 

09 : 00 ; dessin. Le thème est le cerisier. Je décide de dessiner un parc japonais qui est un chemin longé de cerisiers en fleurs menant à un pont au dessus d’une rivière. Je rajoute une silhouette féminine sur le pont, le regard perdu dans l’eau, et une autre masculine cette fois-ci qui elle, regarde un des arbres dont les fleurs dégagent un parfum subtil. Je n’oublie pas de signer en bas, comme chacun de mes dessins. Je remarque que je suis la première. La même fille dont le prénom est Yuna, est de nouveau assise à côté de moi, et elle regarde ma feuille :

« -     Waouh ! Tu dessines super bien !

Arigato ! Le tien aussi est joli.

Merci. »

 

En effet, l’œuvre de ma camarade représente deux amoureux enlacés sous un cerisier qui perd ses fleurs peu à peu. Il est très réussit.

Je regarde les autres élèves concentrés, mais mon regard s’arrête sur deux garçons qui d’après leur étonnante ressemblance, doivent être frères jumeaux. Le premier est brun aux yeux verts, tandis que l’autre est blond aux yeux bleus. Ils se ressemblent trait pour trait. Ils dessinent, mais ne sont pas concentrés, comme moi. Ils ne cherchent pas la perfection, mais laissent leur crayon glisser sur la feuille, le poignet souple. Je me tourne vers Yuna qui regarde par la fenêtre :

« -     Qui sont ses deux garçons ? Je lui demande en regardant les jumeaux.

Ce sont les jumeaux sardes.

Sardes ? De Sardaigne ?

Oui. Ils sont arrivés l’année dernière.

Pourtant ils ont plus des traits asiatiques. Peu être qu’ils sont comme moi.

Oui, leur mère est japonaise et leur père italien. Ils sont trilingues : Japonais, italien et français.

Ah d’accord.

Comme tu peux le voir, ce sont des beautés fatales. Toutes les filles leur courent après.

Toi aussi ?

Eh bien … Je les trouvent mignons mais ne leur parle presque jamais. De plus, ils sont très réservés. Ils ne parlent pas à beaucoup de personne. Ils passent leurs entre- midis tous les deux à dessiner.

C’est pour ça l’aisance du crayon sur le papier…

De quoi ?

Non rien. »

Je regarde de nouveau mon dessin et ajoutes de petits détails comme la barrette dans les cheveux de l’adolescente ou des pétales en plus dans les cerisiers. Quand Ako-sensei ramasse les dessins, je marque mon nom au dos et le lui tends. Mais elle s’attarde dessus, sans dire un mot. Des chuchotements se font de plus en plus nombreux, et je rougis. Enfin elle me regarde de ses yeux noirs malicieux et elle me sourit avant de poursuivre son chemin. A là pause déjeuner, alors que je sors seule, une ruée d’élèves s’avance vers moi :

« -     Tu es trop forte ! Bravo ! dit une fille rousse aux yeux noisette en sautillant.

Franchement tu as fais un miracle ! Continue un garçon africain.

Je n’ai rien fait pourtant …   

Si, tu as fais sourire Ako-sensei !

C’est la première fois ! Même une élève qui avait un réel talent n’y est pas arrivée. Tu es forte.

Eh bien merci du compliment. »

 

Je poursuis mon chemin quand Yuna m’appelle. Je m’arrête et me retourne. Elle est juste derrière moi, avec deux filles de la classe : la première est la rousse qui sautillait deux minutes plus tôt, tandis que la deuxième est ténébreuse, cheveux au carré et yeux noirs :

« -     Mange avec nous !

Je ne voudrais pas m’imposer.

Mais non, c’est nous qui te le demandons !

Bon ben c’est d’accord alors.

Super ! »

 

Je les suis dans une cours très grande avec beaucoup de pelouse. Il fait assez chaud pour un moi de septembre. Nous nous installons un peu à l’écart, au soleil et sortons nos bentos, qui sont les plats des étudiants au Japon. Je remarque qu’à nous quatre nous avons les quatre couleurs de cheveux et yeux possibles. La rousse c’est Luna, une coréenne, et la ténébreuse c’est Emma, une française comme moi, elle aussi avec de légers traits asiatiques, comme Sofie. Yuna m’explique qu’elles ont l’habitude de partager leurs bentos, je leur réponds que je n’ai rien contre, et pose mon bento au centre avec les leurs. Nous faisons connaissances, puis devenons très bonnes amies.

 

D’un coup, un grand silence se fait, lorsque les deux garçons passent non loin de nous, des carnets à la main, les même que le mien. Ils me regardent, me sourient, puis demandent s’ils peuvent nous rejoindre. Nous faisons oui de la tête en même temps, ce qui les font sourire d’avantage. Leurs voix sont très graves par rapport à d’autres garçons de la classe. Le blond se met entre Yuna et Luna, il s’appelle Marco.

Le brun, Antonio, se met entre Emma et moi. Ils se mettent à dessiner en silence. Emma (pas très discrète) regarde Antonio qui lui ne le remarque pas tout de suite, perdu dans sa feuille blanche. D’un coup les deux s’arrêtent en même temps et me regardent. Je ne comprends pas tout de suite, mais Marco prend la parole :

«  -     Montre ton carnet.

Quel carnet ? Je demande, mal à l’aise.

Marco, per favore …

Desolare Mina.

Ce n’est pas grave. Je réponds.

Nous aimerions feuilleter ton carnet de dessins que tu as dans ta poche revolver. Poursuit le brun.»

 

Comment savent-ils que j’ai mon carnet à cet emplacement ? :

« -      Je ne sais pas …

-Allez Mina ! Comme ça nous aussi nous pourrons voir. Dit Emma enthousiaste.

-Si vous y tenez. »

 

Je sors mon carnet, puis le tends au garçon à côté de moi. Il le feuillette, puis le passe à Emma et ainsi de suite jusqu’à ce qu’il me revienne :

«  -    Tu es très douée ! Disent-ils en chœur.

Merci. A vous maintenant.

De quoi ?

Montrez moi vos carnets. Deal to deal.

Tu es maline toi ! »

 

Antonio me le passe. Ses dessins sont magnifiques. Ce n’est pas le même style que le mien. Ce sont des paysages. Il ne travaille que les ombres, sans couleurs. Puis je lui demande si je peux le passer, il fait oui de la tête et je le passe à Luna. Le carnet fait le tour, puis c’est au tour de Marco de nous le montrer. Il a lui aussi un style. Il fait des portraits, c’est à dire visage et début des épaules. Mais lui les colorie. Je vois que mes nouvelles amies ont elles aussi des carnets, puis nous parlons de cela tout la pause en passant un agréable moment.

 

Nous avons chacun un style : Yuna fait des tags, Luna des animaux, Emma

des créatures sur naturelles comme les fées et les elfes, Marco des portraits, Antonio des paysages et moi des mangas et des personnes réelles mais pas comme Marco ; je les dessine en entier.

 

A la fin de la journée, je monte dans la voiture de Sofie qui me pose des questions sur ma journée. Je lui raconte un peu, puis lui retourne la question. Comme elle rentre en fac de médecine, et que je veux faire cela aussi, je me tiens au courant du fonctionnement. Le soir à table, nous nous racontons nos journées, puis dans mon lit je repense à cette pause déjeuner. C’est la première fois que je rencontre des personnes qui partagent ma passion et qui font attention à moi comme ça. Pas de nouvelle venant de France. Qu’ils fassent ce qu’ils veulent ; ils ne me manquent pas du tout, j’ai trouvé de vrais amis et je compte bien ne pas les perdre.

 

Fin chapitre 02.

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Published by Aisu Yumi - dans histoire
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Je me nomme Aisu Yumi et depuis quelques temps je m'intéresse beaucoup à l'Asie, surtout Chine Japon et Corée du Sud. La musique aussi bien moderne que traditionnelle, les paysages, coutumes et arts me fascinent.
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