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18 avril 2014 5 18 /04 /avril /2014 09:19

Cet article est reposté depuis Annyeong Korea.

La Corée apparaît souvent dans le peloton de tête des classements en matière de résultats scolaires. Elle est aussi première au classement mondial du nombre de suicides par an. Je ne veux pas dire par là que seuls des étudiants ce suicide mais ils représentent quand même un bon nombre avec les employés qui subissent le même genre de stress tout au long de leur vie.

En Corée l’école est obligatoire à partir de 6 ans. Les enfants fréquentent alors l’école primaire jusqu’à l’âge de 11 ou 12 ans (selon s’ils sont nés en début d’année ou non car la rentrée s’effectue en Mars en Corée). Mais il faut savoir que beaucoup d’enfants à partir de 2 ou 3 ans fréquentent les jardins d’enfants (유치원) surtout pour se socialiser car la plupart des mères arrêtent de travailler pour s’occuper à temps plein de leurs enfants. Vers l’âge de 12-13 ans les enfants entrent au collège et y restent jusqu’à l’âge de 14 ou 15 ans. Vient ensuite la partie la plus stressante de leur cursus scolaire : Le lycée qu’ils fréquentent depuis l’âge de 15-16 ans à l’âge de 17-18 ans. La licence en Corée dure 4 ans (souvent les filles s’arrêtent à la licence car elles n’ont que peu de temps pour travailler avant de devoir se marier et tout arrêter), le master 2 ans et le doctorat environ 3 ans. (Je suis personnellement en troisième année de licence)

Tout d’abord quelques généralités : L’uniforme scolaire est obligatoire en Corée depuis l’école primaire jusqu’au lycée. On trouve dans chaque salle de classe un drapeau de la Corée du Sud. Contrairement à en France où les élèves changent de classe toutes les heures, les élèves en Corée du Sud n’ont qu’une seule classe qu’ils sont chargés de garder propre en faisant le ménage une fois par jour. Chaque élève dispose d’un casier dans la salle de sa classe pour y laisser ses affaires.

Maintenant rentrons dans le vif du sujet : Pourquoi les lycéens coréens (et ensuite les étudiants) sont-ils plus stressés que les lycéens français ?

En France nous devons passer l’examen du Baccalauréat en Terminale. Pour le valider il nous suffit d’obtenir la note de 10 sur 20 c’est-à-dire la moyenne. Ensuite, puisque les universités françaises sont en théorie interdites de sélectionner leurs étudiants, on peut entrer dans l’université de son choix. En général on choisit la plus proche de notre domicile familial ou celle qui propose le cursus qui nous plaît le plus. En Corée c’est différent.

L’équivalent du BAC coréen se passe en une seule journée contrairement aux épreuves du BAC français qui peuvent s’étaler sur plus de 2 semaines en comptant les oraux. Cet examen en Corée a une importance capitale pour l’avenir des lycéens, c’est pourquoi ce jour-là les avions ont interdiction d’atterrir ou de décoller. (Pour ne pas risquer de gêner les parties de compréhension en langues). La raison est la suivante : En Corée, les Universités sont classées avec notamment les trois plus prestigieuses souvent appelées SKY (Seoul National University, Korea University, Yonsei University). On n’y entre pas comme en France juste en faisant la demande. Les lycéens sont classés en fonction de leurs résultats au « BAC » et affectés ensuite à une Université de la liste de leurs choix. Les meilleurs intègrent les Universités SKY et ensuite cela va en descendant dans le classement des Universités. Les grandes compagnies comme Samsung ou Hyundai n’embauchent que des étudiants sortant des meilleures Universités. C’est pourquoi les résultats au BAC en Corée sont si importants, ils conditionnent directement l’emploi et le salaire auquel vous pourrez prétendre à la sortie de l’Université. Les lycéens coréens avec autant de pression sur les épaules sacrifient souvent quelques heures de sommeil pour réviser d’avantage. La période du lycée est une période sans réelle vie sociale puisque les lycéens baignent dans un esprit de compétition permanent. Etant donné qu’ils travaillent tous d’arrache-pied pour intégrer les meilleures Universités, les places dans le classement des résultats au BAC se jouent souvent au dixième voir au centième près. De quoi pousser au suicide des étudiants épuisés par trois années de stress et de surmenage intense.

Pour permettre à leurs enfants d’intégrer les meilleures Universités, les parents les font fréquenter des académies privées (학원) depuis leur plus jeune âge. Je suis moi-même professeure d’anglais dans l’une de ces académies privées et l’âge de mes élèves oscille entre 6 et 14 ans (je ne m’occupe pas des lycéens car je n’ai pas les diplômes requis pour). C’est donc après leur journée d’école normale que les élèves coréen se rendent dans ces académies privées (parfois plusieurs différentes par jour, par exemple deux heures de cours dans une académie d’anglais puis deux heures dans une académie de mathématiques etc..) et la plupart ne rentrent chez eux que vers 23h le soir pour faire leurs devoirs. Ils se lèvent ensuite bien souvent à 5h ou 6h du matin pour continuer à étudier. Je plains personnellement aussi la mère de famille qui doit courir à droite et à gauche chercher ses enfants dans les académies privées jusque très tard le soir, et doit se lever à 4h ou 5h du matin pour préparer le petit-déjeuner de toute la famille…

Vous vous demandez peut-être pourquoi les parents acceptent ce système stressant et épuisant pour leurs enfants aussi bien que pour eux ? C’est tout simplement parce qu’en Corée contrairement à en France, l’école n’est pas gratuite. Il faut compter 1500 euros par semestre pour une Université publique (environ une ou deux par ville), et jusqu’à 3000 euros par semestre pour une Université privée. C’est peu si on compare aux frais de scolarité dans un pays comme les Etats-Unis par exemple, mais il faut aussi tenir compte du niveau de vie qui n’est pas le même et des éléments culturels comme par exemple le fait que la famille coréenne ne vit que sur le salaire du père. Les parents coréens ont presque tous recours à des prêts bancaires pour financer d’abord les académies privées, puis les frais de scolarité de l’Université. Ensuite, leur plus grosse dépense est celle du mariage de leurs enfants. Les parents du mari doivent acheter l’appartement pour le couple tandis que les parents de la mariée doivent acheter tout le mobilier pour le meubler. Les emprunts bancaires sont donc un autre élément stressant de la vie des coréens mais qui constituent presque un passage obligé. C’est pourquoi les parents espèrent voir leurs enfants entrer dans les meilleures universités qui leurs assureront un bon salaire. Ainsi par la suite leurs enfants pourront faire vivre leurs propres enfants et aider leurs parents à rembourser leurs dettes.

Mais il y a aussi un point positif à l’existence de ces académies privées : Tout le monde peut apprendre absolument n’importe quoi et à des prix très abordables dans ces écoles ! Il existe des académies privées de dessin, de théâtre, d’arrangement floral, de boulangerie, de danse etc… Pour ma part j’ai commencé à fréquenter une académie de musique où j’apprends le piano pour 70 euros par mois à raison de 5 ou 6 heures par semaine. C’est justement grâce à l’existence de ces écoles que quasiment toutes les filles coréennes savent jouer du piano (au moins les bases) et les garçons de la guitare.

Une classe de collège

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Published by Noémie
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